Le coin de l'apiculteur débutant


Cette page est plus particulièrement destinée à l'apiculteur débutant. Il trouvera ci-dessous un résumé un peu désorganisé (mais pas tant que cela) des cours d'apiculture que j'ai pu suivre au Rucher du Périgord pendant la saison apicole de 2006. On y trouvera quelques notions sur la biologie de l'abeille ainsi que quelques indications sur les conditions d'intervention dans un rucher. On y trouvera également, en fin de page, une banque de plans de ruche et nucléi de fécondation.

 

Posséder un rucher implique de respecter certaines règles :

Vendre son miel implique aussi de respecter certaines règles :

Intervention au rucher : 

La santé des abeilles : Maladie du couvain

La santé des abeilles : Maladie des abeilles adultes

Les produits de traitement peuvent être obtenus à des prix trés raisonnables en adhérant au Groupement de Défense Sanitaire Apicole qui a pour buts de favoriser la promotion de la santé de l'abeille et de contribuer à l'amélioration de l'état sanitaire du cheptel apiaire départemental.

 

varroa sur abeille 

varroa sur nymphe

                       

Visite de printemps :

Elle est à réaliser entre la fin du mois de mars et la mi avril en fonction de la température qui doit être au minimum de 18° à 20°. Pour cela :

Placement des hausses :

Deux solutions s’offrent à nous lors de la pose des hausses :

Attention : Il ne doit plus subsister de traitement anti-acarien lors de la mise en place des hausses. Si ces traitements sont effectués au printemps, ils devront être terminer au moins 15 jours voire 3 semaines avant la pose des hausses. Les traitements de fin d'été seront réalisés dès que les dernières hausses seront retirées. C'est à cette période que la pression parasitaire est la plus importante.

Plus tard les hausses seront retirées pour extraire le miel mais uniquement si une majorité des cadres sont operculés.

Attention : la récolte du miel de Colza doit être réalisée dès la fin de la floraison ou juste avant, lorsque la dernière partie haute de la fleur s’ouvre. Si l’on attend trop le miel fige et il est impossible de l’extraire. Les cadres non operculés lors de leur retrait seront extraits séparément et consommés en priorité. Ceux-ci ont une concentration d’eau trop élevée et le miel ne peut conserver longtemps.

Marquage de la reine :

L’intérêt de marquer une reine est de pouvoir ensuite la repérer rapidement et de connaître aussi son âge. Elle pourra être facilement remplacée tous les 2 ou 3 ans maximun par une reine issue de greffage. Ceci afin d’avoir toujours une reine très prolifique. Deux méthodes sont utilisées pour rechercher la reine

1ère méthode :

Placer une hausse sur le corps de ruche. Ne pas mettre de grille à reine. Enfumer abondamment par le trou d’envol et frapper avec deux maillets pendant 120 secondes sur deux côtés du corps à la cadence de 1 coup par seconde. La colonie va alors monter dans la hausse. Soulever cette dernière et placer une grille à reine. Enfumer ensuite la hausse. Toutes les abeilles redescendent et la reine est bloquée par la grille. Saisissez-là et marquer-là.

2ème méthode :

Placer sur une ruchette un entonnoir spécial muni à sa base d’une grille à reine. Prenez les cadres de corps l’un après l’autre en les repérant et faire tomber les abeilles dans l’entonnoir. Enfumer. Comme dans la 1ère méthode, la reine sera piégée par la grille.

Ces deux méthodes semblent assez traumatisante pour les abeilles. Une solution plus sereine pourrait être de marquer la reine lorsque, au hasard d’une visite de la colonie, on la repère sur un cadre. 

Lorsque la reine est repérée, il suffit de la faire entrer dans un tube fermé d’un côté par une sorte de grille permettant de laisser passer le stylo encreur. La reine étant entrée, un piston refermant le tube permet de pousser la reine vers le fond. Lorsque son dos est tourné vers l’extérieur de la grille décrite ci-dessus, l’immobiliser en la bloquant légèrement et la marquer sur le thorax. Remettre ensuite la reine dans son corps de ruche.

L’essaimage artificiel

Il existe plusieurs méthodes pour réaliser des essaims. Seules deux méthodes simples sont décrites ci-dessous.

1ère méthode : 

Diviser une colonie forte en deux parties égales dont la moitié restera dans sa ruche d’origine et l’autre moitié sans abeilles sera déposée dans une ruchette. Vérifier que du couvain de moins de 3 jours (l’idéal serait moins de 24 heures) soit présent dans la ruchette. Placer là, sans fond, sur le corps de ruche en intercalant une grille à reine. Fermer les parties du corps que la ruchette ne couvre pas. Attendre le lendemain. Des abeilles monteront dans la ruchette, mais pas la reine, bloquée par la grille, et vous n’aurez alors plus qu’à placer un fond, et à emporter cette ruchette à 3 km ou bien à la fermer avec une porte d’entrée pendant 2 jours. A ce stade elles perdent la mémoire et ne risquent pas de revenir dans la colonie d’origine.

2ème méthode :

Cette méthode se pratique avec 2 colonies fortes. Elle a l’avantage de ne pas trop les affaiblir et de vous procurer un essaim nouveau.

La ruche A qui reste à son emplacement va conserver ses butineuses. La nouvelle colonie va récupérer les butineuses de la ruche B puisqu’elle a pris sa place. La ruche B est simplement amputée de ses butineuses qui seront rapidement remplacée par la ponte de la reine. Cette ruche B peut être déplacée à 3 km ou bien fermée pendant 2 jours avec une porte d’entrée.

Bien sur quelque soit la méthode, il convient de nourrir abondamment au sirop pendant au moins 8 jours de façon à accélérer le redémarrage des 3 colonies.

Elevage des reines et différentes façons de le réaliser :

L’objectif de l’élevage est de sélectionner les meilleures souches. Attention toutefois aux phénomènes de cosanguinité si on sélectionne toujours sur les mêmes colonies.

Deux types de sélections sont possibles :

La sélection sur la race est relativement compliquée et réservée aux scientifiques. Il s’agit de sélection par ADN et de sélection par morphométrie (mesure sur plusieurs points des nervures de l’aile et comparaison avec des mesures officielles).

La sélection massale sera réalisée sur les meilleures colonies. Ces colonies seront considérées les meilleures en fonction de critères que l’apiculteur se fixera. Cela pourra être des critères de :

Biologie de l’abeille

Une reine est une abeille ordinaire dont la larve a été élevée exclusivement à la gelée royale (G.R.). Elle atteint sa maturité sexuelle 6 jours après son émergence (naissance) alors que le mâle ne l’atteint que 12 à 15 jours après. Si la reine n’est pas fécondée 20 jours après son émergence, elle ne pourra plus l’être et la colonie se trouve alors orpheline.

Une larve peut, jusqu’à 48 h, devenir une reine car à ce stade, elle est nourrie à la gelée royale. Cette gelée royale a le pouvoir de provoquer la métamorphose de l’abeille qui se transformera en reine.

La meilleure période pour l’élevage des reines est au mois de mai et juin. On peut toutefois le réaliser jusqu’en septembre mais la réussite est plus aléatoire car les mâles peuvent manquer dans les colonies. Cet élevage se fera toujours sur des colonies que l’on aura orphelinées.

Plusieurs méthodes permettent d’obtenir des cellules royales :

Méthode 1 : Faire un essaim artificiel et récupérer les cellules royales que la nouvelle colonie a élevées.

Méthode 2 (méthode Miller) : Introduire un cadre neuf avec cire gaufrée, muni de deux fils de fer, en partie haute uniquement, à l’intérieur du corps d’une colonie que l’on a choisie de sélectionner. Après que le cadre soit bâti, la reine y déposera des œufs. On le retirera alors et on le découpera comme indiqué sur le schéma ci-dessous. On pourra alors placer ce cadre dans une colonie orpheline qui élèvera des cellules royales sur la partie basse découpée. Cette colonie orpheline pourra être une colonie forte que l’on aura dédoublée et dans laquelle il n’y aura pas de reine. Attention toutefois, ces CR devront être protégées par des protections adaptées afin d’éviter que les abeilles ne les détruisent.

Méthode 3 (méthode Alley) : Faire pondre sur un cadre et découper ensuite une bande où se trouveront des larves de moins de 3 jours. Cette bande sera collée à la cire sur un cadre comme indiqué sur le schéma ci-dessous. Deux cellules sur trois seront supprimées. Pour éviter que ce cadre et donc cette bande ne soit alvéolés des 2 côtés, on peut monter sur le cadre à pondre 2 cires gaufrées l’une contre l’autre de façon à ce que les abeilles ne batissent qu’un côté des cires.

 

 

Méthode par greffage (picking)

 

   

Matériel pour greffage. A droite, protection utilisée dans les méthodes Miller et Alley.                                            Cupules pour greffage

Le greffage consiste à :

Quelque soit la méthode d’élevage la récupération des cellules royales peut se faire de plusieurs façons :

       

 

Protéger la C.R. avec du papier aluminium jusqu’à 5 mm du bas, hors méthode par greffage, ou avec du matériel adapté qui semble plus efficace (voir détail Miller ou Alley).

Placer aussi quelques abeilles avec la C.R. : 0,25 litre pour le nucléi à un peu plus selon le modèle retenu. Placer aussi 2 à 3 cadres de couvain si vous choisissez la ruchette 3 cadres. Nourrir au sucre ou au candi.

Lorsque la reine naîtra, elle devra attendre 6 jours avant d’être à maturité sexuelle. Elle sera alors fécondée et on le vérifiera lorsque du nouveau couvain apparaîtra, cette reine pourra être alors utilisée selon vos besoins.

Avec la méthode par picking, on peut attendre l’éclosion des C.R. si l’on a pris soin, dès l’operculation, de les placer à l’intérieur d’un " bigoudi ", ceci afin que la première née ne tue pas les autres.

Si ces C.R. sont destinées à remplacer des reines existantes, elles seront placées simplement dans un nucléï de fécondation le temps d’être fécondées et introduites ensuite dans la nouvelle colonie, après marquage, à l’aide d’une cage d’introduction.

Nucléi de fécondation : petite boite comprenant un petit nourrisseur, 3 ou 4 cadres réduits et dans lesquels on introduit un petit paquet d’abeilles (0,25 litre) et une reine vierge ou une C.R. à J + 10. Si l’on introduit une reine vierge il conviendra de placer ce nucléï à l’ombre, à la cave, à l’abri de la lumière et de la chaleur le temps que la reine soit mise en condition. Trois jours après, placer ce nucléï dans votre rucher de fécondation.

La ruche miniplus est composée comme le nucléi mais les cadres, au nombre de 6, sont de moitié des cadres de hausse. Ce modèle est pratique pour démarrer un essaim.

La ruche éleveuse de C.R. peut être réalisée selon le schéma ci-dessous et sur une ruche forte de façon à ce que la quantité d’abeilles soit suffisante pour assurer l’élevage des reines. Il n’est donc pas nécessaire dans ce cas de faire élever par une colonie orpheline.

L’introduction des reines fécondées doit être effectuée à l’aide d’une cage d’introduction. Elle sera garnie de candi et d’une reine. Pendant 24 h cette cage sera introduite sans avoir retiré l’opercule de sortie n° 1. Puis cette opercule sera retirée, du candi ou du miel épais sera introduit et les abeilles pourront consommer ce candi ou ce miel et libérer la reine. Ce laps de temps permet à la reine d’être acceptée par la colonie.

Visite d’automne :

La visite d’automne est à effectuer au mois de septembre et en fonction de la météorologie. Lors de cette visite, vérifier :

Ce traitement devrait être renouvelé au printemps même si on laisse les lanières moins de 8 semaines. En effet on ne peut traiter bien avant le mois de mars et il est impératif de supprimer ces traitements lorsque les hausses seront mises en place. Mais traiter, par exemple 4 semaines, est tout de même mieux que de ne pas traiter.

On peut aussi lors de cette visite stimuler la colonie par l’administration de sirop de nourrissement (1 petit nourrisseur) qui aura pour effet d’augmenter la ponte de la reine, qui croit à une nouvelle miellée, et à obtenir ainsi une colonie plus forte qui affrontera l’hiver dans de meilleures conditions et redémarrera  peut être plus facilement au printemps.

Si une colonie est faible, utiliser une partition qui est un cadre fermé avec du polystyrène et une plaque de contreplaqué du côté des abeilles (le contreplaqué empêche les abeilles de ronger le polystyrène). Cette partition est utilisée pour réduire le volume de la ruche et favoriser ainsi la température interne. Bien sûr il conviendra de nourrir cette colonie du fait de sa faiblesse.

 

Banque de plans :

Pour une impression plus aisée ces plans ont été réalisés sur des formats A4. Les cadres de corps ou de hausse sont délicats à fabriquer. Il peut être plus simple de les acheter (0.85 euros l'unité en 2011). Pour la protection du toit des ruches, vous pouvez utiliser des plaques d'aluminium "offset" utilisées dans l'imprimerie et disponibles pour pas très cher dans une entreprise de récupération de métaux. L'avantage de ces plaques réside dans leur souplesse d'utilisation, l'inconvénient est leur manque de robustesse mais globalement cela reste très intéressant.

 

 

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